À Haute-Nendaz, Lionel Ballmer réalise un rêve d’enfant. Dans la station valaisanne, le jeune architecte construit pour lui, sa compagne et leurs deux chats une cabane en bois où profiter des bonheurs simples. Rencontre.

Inspirée de l’architecture vernaculaire, la construction en bois doit sa hauteur à la réglementation communale et sa volumétrie à l’exiguïté de la parcelle.
Soyons honnêtes, depuis la pandémie, nous sommes de plus en plus nombreux à fantasmer sur l’exode urbain. On s’invente une nouvelle vie à télétravailler depuis un vieux raccard retapé ou une tiny house à la montagne. À Haute-Nendaz, Lionel Ballmer l’a fait ! Sauf que l’architecte était déjà en Valais et que la maison qu’il s’est bâtie en 2021, au cœur de la station, n’est pas « minuscule », mais « petite ». Loin d’être anecdotique, la distinction de taille dévoile la philosophie des heureux propriétaires, Lionel et sa compagne Stéphanie. « 80m2 était exactement ce dont nous avions besoin », introduit le trentenaire. Sans être adepte de la décroissance pure et dure, le couple défend un mode de vie frugal et minimaliste.

Au lieu des baies vitrées panoramiques à la mode dans les chalets contemporains, Lionel Ballmer perce sa cabane de petites fenêtres. « Quand j’ai envie de voir du paysage, je sors marcher ou skier », ajoute l’architecte, sportif.

Dessiné et réalisé sur mesure, le mobilier est encastré dans l’architecture.
« Lorsqu’il construit, le client cherche généralement à dégager un maximum de volume. Ce n’était pas ce que nous voulions pour nous ». Lionel assume un choix à contre-courant visant à réduire la consommation des ressources et du territoire, pas forcément les coûts de construction. Le jeune architecte essuie quelques critiques. « On me dit que 500’000 CHF, c’est cher pour seulement 80m2. Les gens oublient que certains frais sont incompressibles - sanitaire, chauffage et électricité, par exemple ». En plus de l’utilisation de matériaux indigènes, de l’installation d’une chaudière à pellets et du recours à une main-d’œuvre locale, Lionel justifie le montant des travaux par la conception particulière de l’édifice : « Stéphanie et moi partageons des souvenirs d’enfance, communs à beaucoup de Valaisans, de vacances au mayen. Nous avions envie de reproduire la chaleur des pièces exigües de ce type de bâti dans notre nouveau foyer. J’ai donc dessiné les intérieurs comme un dédale de cellules intimes et protectrices ». Au lieu d’étages traversants, le maître d’œuvre empile cinq demi-niveaux abritant chacun deux espaces distincts. En guise de colonne vertébrale, un escalier central distribue « une succession de petits mondes et donne le sentiment d’habiter un endroit bien plus grand qu’il ne l’est ».

Le chauffage et l’eau chaude sanitaire sont produits par une chaudière à pellets. Des radiateurs disposés sous les meubles distribuent la chaleur uniformément dans chaque pièce. Un poêle à bois dans la partie séjour peut prendre à choix le relais de la chaudière pour la production de chaleur l’hiver. L'été, les arbres bordant la parcelle permettent de créer de grandes zones d'ombres participant à maintenir au frais le bâtiment lors de fortes chaleurs.

Les parties dites «publiques» occupent les étages inférieurs, les parties «privatives», les niveaux supérieurs.
Retrouvez l'article complet dans le numéro 01/22 de Maisons et Ambiances.
Texte : Corine Stübi, Photos : Julie Masson
de : Maisons et Ambiances, numéro 01/22